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Je vous relate les réalités de mon quotidien. En effet, je suis étudiant en Communication des Organisations au sein de l'Université Catholique la Sapientia. Je suis passionné de l'agriculture mais j'aime aussi bien développer de nouvelles stratégies et approches pour développer ma communauté.

18 Sep

Vers une note de plaidoyer pour la promotion du café arabica au Nord-Kivu

Prosper en mode selfie dans un champ à Burungu/Masisi

Au de l’atelier PASPOR tenu à Kinshasa que le Président du conseil d’administration de la FOPAC/NK, Achille MBUSA LOMALISA a exposé sur l’état de lieu des caféiculteurs familiaux au Nord-Kivu. Cet atelier qui a duré quatre jours a connu la participation de plus d’une cinquantaine membres des Organisations Paysannes venus du Congo profond. Pour la FOPAC/NK, il faut mener un plaidoyer surtout sur le plan provincial afin d’influence aussi au niveau national.

Achille MBUSA LOMALISA a pris la parole le jeudi 14 Novembre pour présenter la note de plaidoyer sur l’état de lieux des producteurs familiaux en 2018. Et d’une façon assez claire, il a porté son regard vers le caféiculteurs. En effet, la province du Nord-Kivu a trois grandes coopératives de caféiculteurs à savoir KAWA KABUYA, KAWA KANZURURU et AMKA. Dernièrement dans le territoire de Rutshuru, Rikolto a amené le caféiculteurs de ce territoire dans l’Union des Coopératives du Café de Rutshuru (UCOOCARU). Et pour l’instant, elle demande une restructuration pour devenir aussi grande que les autres du Grand Nord.

Les données chiffrées de coopératives

En présentant l’état de lieux, le Président du conseil d’administration de la FOPAC/NK n’a pas manqué à mesurer l’impact des coopératives des caféiculteurs dans la vie de la famille du Nord-Kivu. Ainsi, le KAWA KANZURURU, retenons que  l’âge moyen des producteurs est de 53 ans pour une superficie moyenne de 1,25 hectare. Ils utilisent en moyenne 1 297 tiges de Café pour une plantation ayant 29 ans d’âge moyen. Ils arrivent à produire au moins 3 133kg après une dépense de 1 013$ par famille productrice pour bénéficier au moins 585$. Et KAWA KABUYA se démarque avec des chiffres suivant : l’âge moyen des producteurs est 47 ans en vue d’une superficie de 0,73 hectare. Ils mettent en jeu au moins 1 054 tiges pour une plantation d’âge moyen de 16 ans. Ainsi, ils produisent par famille en moyenne 4 001kg suite à une dépense d’au moins 597$ afin de bénéficier en moyenne 649$. Pour AMKA, les chiffres se présentent comme suit : l’âge moyen des producteurs est de 46ans pour une superficie moyenne de 0,89 hectare. Ils fournissent d’efforts en moyenne de 535$ par famille pour une production moyenne de 2 083 kg. Ainsi, ils peuvent bénéficier 12$ pour une étendue de 1 389 tiges. La UCOOCARU vient aussi se hisser dans ces rangs avec des chiffres assez promettant que les coopératives déjà citées. Il s’agit de l’âge moyen des producteurs qui est de 56 ans pour une superficie moyenne de 0,81 hectare rempli d’au moins 2 287 tiges pour une plantation âgée en moyen de 23 ans. Ils peuvent dépenser en moyenne 1 030$ pour produire 2 307kg afin de bénéficier aussi en moyenne 374$. Ceci comparativement aux précédentes démontrent que sa structuration pourra porter de bons fruits dans l’avenir. Mais LOMALISA a fait remarquer que cette dernière n’est pas trop impliquée dans la vente de café et que AMKA luttent pour la survie en cultivant le café. Seulement KAWA KABUYA est sur le point de viabilité et peut facilement payer les ristournes de ses membres. Il s’ajoute KAWA KANZURURU est en train de frôler le seuil de viabilité.
En général, nous remarquons que l’âge des caféiculteurs au Nord-Kivu est de 50 ans, la production totale moyenne est de 2 881kg pour une dépense d’au moins 700$ avec un bénéfice de 405$. La superficie moyenne est de 0,9 hectare couverte en moyenne par 1 506 tiges de café.
 

Les observations et recommandations

A l’issue de cet exposé, Mr Achille a fait ressortir des observations et de recommandations à différents acteurs de cette filière prometteuse d’un bel avenir des producteurs familiaux. Selon toujours le Président du Conseil d’Administration de la FOPAC/NK, le café arabica reste une source de liquidités la plus importante pour un grand nombre de producteurs familiaux. Il permet à plusieurs familles de subvenir à plusieurs besoins tels que la scolarité des enfants, les soins et l’amélioration de l’habitat,… ainsi, il a recommandé aux caféiculteurs de s’organiser autour des coopératives pour générer beaucoup de profits. Et au Gouvernement Provincial d’accorder une période de grâce aux coopératives naissantes jusqu’à ce qu’elles atteignent le seuil de viabilité. Pour approfondir cette visée, il est aussi question du climat d’affaires qui est malsain et traumatisant. C’est pourquoi il est recommandé au Gouvernement provincial de simplifier la multitude d’impôts à payer par la mise en place d’un guichet unique pour l’exportation et un autre pour toutes les taxes domestiques. Mais aussi, le gouvernement provincial doit mettre en place des mesures en vue de l’harmonisation de la pression fiscale avec celle des pays voisins tels que le Rwanda et l’Ouganda qui se situe entre 1 et 3% de la valeur FOB (Free On Board, en anglais et Sans frais à Bord, en français) contrairement à la RDC qui cumule toutes les taxes jusqu’à 10%. Il serait aussi impérieux d’appliquer la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’agriculture surtout les mesures d’application au niveau de la province. Aussi, il faudra continuer les plaidoyers pour la mise en place du FONADA (Fonds National pour le Développement Agricole) afin de permettre l’accès facile aux caféiculteurs aux crédits agricoles. Et à la fin, de développer une stratégie de promotion de la consommation locale du café pour éviter que notre café dépende des caprices de la bourse de New York. Ainsi, l’ONAPAC (Office National des Produits agricoles du Congo) puisse faire des efforts pour mettre en place des stratégies provinciales faisables.
Il sied de rappeler aux producteurs de multiplier les efforts dans la protection de l’environnement mais aussi dans les activités sociales afin de bénéficier différentes certifications ainsi avoir des revenus supplémentaires.

Prosper MUNDA

Journaliste Agricole

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