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Je vous relate les réalités de mon quotidien. En effet, je suis étudiant en Communication des Organisations au sein de l'Université Catholique la Sapientia. Je suis passionné de l'agriculture mais j'aime aussi bien développer de nouvelles stratégies et approches pour développer ma communauté.

18 Sep

Le financement agricole vers la pérennité du mouvement paysan congolais avec PASA/NK

« Comment financer durablement les exploitations agricoles dans le secteur du café » était le nœud de multiples réflexions qui ont retenus l’attention des participants à l’atelier du PASA/NK à Goma. Ils étaient pour la plupart des acteurs du secteur privé financier, du secteur public et les producteurs agricoles réunis en coopératives agricoles. Venus de tous les coins de la province du Nord-Kivu, ils ont transmis les recommandations à tous les partenaires du PASA/NK pour la réussite de ce projet.


C’est dans le cadre du Projet d’Appui au Secteur Agricole du Nord-Kivu que s’est ouvert l’atelier de concertation multi-acteurs sur la stratégie d’accès au financement durable pour les acteurs de la filière café. Ces assises se sont tenues à Goma, dans la salle de réunion de l’Hôtel Planète, pour une période de trois jours (du 24 juillet au 26 juillet 2019). Cet atelier a été ouvert par la vice-gouverneur du Nord-Kivu. Elle a tenu à rappeler combien ce projet est important pour sa province surtout que les recommandations issues de ces assises feront partie de leur projet quinquennal. Le PASA/NK étant un projet de l’État Congolais, il a connu la participation permanente du Ministre provincial de l’Agriculture, du Secrétaire Général de l’Agriculture et du Chef de programme FIDA en RDC. Les différents acteurs financiers présents à ces assises ont exposés sur les produits et services financiers qu’ils disposent pour accompagner les agriculteurs. Cela dans le besoin de les analyser et voir dans quel cadre ils peuvent intégrer la stratégie du PASA/NK.

Pourquoi financer la filière café


Il faut financer la filière café parce qu’elle regorge plusieurs opportunités d’investissements. En prenant la parole, le Chef de file de la filière café « Rikolto » présentait brièvement les avancées dans le secteur café. Léopold Punzu voulait montrer aux banques que la filière café est une bonne opportunité de financement. Il a rappelé que le café était la deuxième commodité dans le monde après le pétrole. Et que chaque année en RDC, nous produisons au moins 170 millions de sacs de 60 Kgs et que dans le monde il représente au moins un chiffre d’affaire de plus de 10 milliards de dollars américains. Ainsi, dans l’approche de FIDA de réunir les 4P (Partenariat Public, Privé et Producteurs) qu’il faut aussi arriver à partager les risques. C’est pourquoi le chef de file de la filière café a montré les défis auxquelles les caféiculteurs rencontrent tels que la baisse de la bourse de New York, le retard dans l’exportation, les types de contacts avec les acheteurs, le manque de suivi des coopératives agricoles, … En terminant son intervention, il a aussi montrer le bon moment pour financer la production du café surtout à la récolte des cérises parce que les autres périodes d’avant sont incertaines. Il sied de souligner que Rikolto à déjà accompagner les coopératives agricoles du secteur café du Nord-Kivu dans la mise en place d’au moins 153 micro-stations de lavage du café. Il était aussi important après dégustage du café de faire des notes. Ainsi, un expert dégusteur à donner la note de 85% à LM Coffee produit par des jeunes entrepreneurs de Butembo suivi par le Café des femmes avec la note de 82, 25% et à la fin le Café Alfajiri avec à son tour la cote 82%. Pour montrer combien le café congolais est de très bonne qualité  et qu’il faut y investir. 

Quels sont les services financiers déjà disponibles


Au moins trois banques et quatre IMF étaient au rendez-vous pour présenter leurs produits et services financiers déjà disponibles. Elles sont la TMB (Trust Merchant Bank), Equity Bank et SMICO (Société de Microfinance du Congo), FINCA (Fondation Internationale pour l’Assistance Communautaire), PAIDEK et CADECO et quelques Coopératives agricoles et de crédits à savoir : la COOPEC Le Grenier  et TID de Butembo. Pour l’IMF FINCA, ils n’ont pas encore réflechit clairement sur le financement agricole mais ils travaillent depuis sa création avec les plus démunis avec l’approche « Crédits du Village » ou « Village Banking ». Mais aussi ils proposent une facilité dans la création d’un compte avec votre téléphone mobile peu importe la marque en un « clic ». C’est un des services de la SMICO qui a retenue plus l’attention des participants, c’est le « crédit à l’agriculture » appuyé par le COMEQUI (Commerce Equitable). Comment est-ce que ça fonctionne ? Le délégué de la SMICO expliquait que ça se joue entre les coopératives agricoles – SMICO – COMEQUI. Cependant il faut que les productions atteignent le marché international toujours accompagné par le COMEQUI pour les négociations avec des potentiels clients. La somme allouée pour le crédit à l’agriculture peut aller de 150 à 200 000 dollars américains avec un taux d’intérêt de 1% avec remboursement unique après la campagne agricole. La SMICO aussi se charge de l’Éducation financière des producteurs agricoles. A la rencontre de PAIDEK qui propose un crédit agricole mais uniquement aux agriculteurs groupés. Encore faudra-t-il aux producteurs de trouver l’acheteur qui doit aussitôt avoir un compte chez PAIDEK. Il appui les producteurs de café dans l’ile d’Idjwi, du riz à Uvira et des ognons à Katana.
Pour le Coopéc Le Grenier qui travaille déjà avec Rikolto dans le financement de deux coopératives « Kawa Kabuya » et « Kawa Kanzururu ». Avec cette expérience, cette Coopéc octroi de crédit agricole d’une somme de 200 000 à 500 000 dollars américains. Seulement, il faut savoir que ces coopératives agricoles sont suivies et parrainées par Rikolto. Leur fond de garantie est logé dans la Banque Gilles en Belgique. Pour TID Butemebo, elle ne peut que financer la commercialisation du café avec une somme de 1000 à 50 000 dollars américains avec un taux d’intérêt de 2,5%. À la fin, c’est Equity Bank qui a présenté son tout nouveau produit non encore expérimenté le crédit pour l’ « AgroBusiness » qui reste jusqu’alors à développer. Pour la TMB, les participants voulaient savoir la durée de livraison de la licence d’exportation et le délégué leur a répondu que cette question se traite seulement à Lubumbashi.
Devant ces multiples propositions des services financiers, l’UCP attend encore la fin des autres ateliers pour les autres filières porteuses telles que le riz, la pomme de terre et le maïs qui se tiendront successivement à Beni, Butembo et Rutshuru. Mais certains maillons de la chaine de valeur de filière pourront être subventionnés suivant un modèle de financement transitoire. Mais il a été remarqué par le chef de file café que le café congolais perdait à la vente au moins 400 dollars américains la tonne. Cela étant dû à une mauvaise réputation. Ainsi, le partenaire de PASA/NK, FIDA a promis d’accompagner les producteurs du café dans le marketing national et international. Il partira de l’expérience que FIDA a dans la filière cacao dans d’autres pays. Le chef de programme de FIDA a aussi conseillé de ré-segmenter la chaine de valeur café. Ainsi, il faudra commencer à financer au niveau de la commercialisation pour finir avec la production.
A la fin, les participants ont émis le vœu au ministère provincial de l’Agriculture de créer  un cadre de coordination de tous les projets et acteurs clés qui interviennent dans la filière café dans la province du Nord-Kivu afin d’éviter les doublures et les conflits d’approche pour une meilleure promotion du café congolais au niveau international et national.
 
Prosper MUNDA
Journaliste Agricole et membre de l’AJAC/RDC

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